Techniques pour obtenir des joints de gypse invisibles sous lumière rasante

Techniques pour obtenir des joints de gypse invisibles sous lumière rasante

Qu’il s’agisse d’une construction neuve ou d’une rénovation, le montage de cloisons en plaques de plâtre (gypse/placo) est incontournable. Une fois les plaques vissées, l’étape fatidique du traitement des joints commence. Si un joint mal fait se voit à l’œil nu, il existe un juge de paix absolument impitoyable qui révèle les moindres défauts d’un mur : la lumière rasante. Provenant d’une grande baie vitrée exposée plein sud, de spots encastrés au plafond ou d’appliques murales, cette lumière qui effleure le mur crée des ombres portées qui font ressortir chaque surépaisseur, chaque bulle et chaque coup de spatule. Comment éviter ce cauchemar esthétique et obtenir des murs d’une planéité absolue ? Voici les techniques professionnelles pour des joints de gypse 100 % invisibles.

Comprendre le défi de la lumière rasante

La lumière rasante ne pardonne rien car elle accentue les reliefs. Sur un mur en gypse, la jonction entre deux plaques (même à bords amincis) crée une légère dépression qu’il faut combler avec de la bande et de l’enduit. Si vous mettez trop d’enduit, vous créez une bosse. Si vous n’en mettez pas assez, vous laissez un creux. Dans les deux cas, la lumière rasante transformera votre mur en un paysage vallonné très disgracieux. Le secret réside dans l’élargissement progressif du joint et le lissage.

L’importance d’une pose de plaques irréprochable

Le meilleur enduiseur du monde ne pourra pas masquer une mauvaise pose. Avant même de sortir vos spatules, vérifiez que vos plaques de gypse sont jointives (pas d’espaces béants).
Assurez-vous également que toutes les têtes de vis sont légèrement enfoncées sous la surface du carton, sans pour autant déchirer ce dernier. Une vis qui dépasse, c’est une bosse garantie lors du lissage ou des étincelles lors du ponçage.

Les secrets d’un collage et d’un lissage parfaits

L’invisibilité s’obtient par la superposition de couches de plus en plus larges, et non par la pose d’un énorme « pâté » d’enduit en une seule fois.

Le collage de la bande

Appliquez une première couche d’enduit (le « beurrage ») dans le creux des bords amincis. Positionnez votre bande en papier (côté rugueux contre l’enduit) bien au centre. L’étape cruciale est de serrer la bande. Avec votre couteau à enduire, pressez fermement pour chasser l’excédent d’enduit et les bulles d’air sous la bande, sans la déchirer. L’épaisseur à ce stade doit être minimale.

La passe de charge 

Une fois la bande sèche, appliquez la passe de charge. Utilisez une spatule plus large (15 à 20 cm) pour recouvrir la bande et remplir le creux des bords amincis. L’astuce de pro : Le centre du joint (là où se trouve la bande) doit être affleurant au reste du mur, pas bombé. Lissez en prenant appui sur le carton de la plaque de part et d’autre du joint. Laissez sécher complètement.

La passe de finition 

C’est ici que se joue le combat contre la lumière rasante. Si vous vous arrêtez à l’étape précédente, la transition entre l’enduit et le carton de la plaque sera visible. Vous devez utiliser une très large lame à lisser (parfaitliss de 30, voire 45 cm).
Appliquez une très fine couche d’enduit de finition en débordant largement (de 10 à 15 cm) de chaque côté du joint original. En « mourant » l’enduit très loin sur la plaque, vous créez une pente si douce et si longue que l’œil humain et la lumière ne peuvent plus détecter la transition.

Le ponçage à la lumière

Vous avez respecté les temps de séchage ? Il est temps de poncer. Mais interdiction de le faire à l’aveugle ou avec l’éclairage plafonnier !

L’utilisation de la lampe de contrôle

Le secret absolu des plaquistes professionnels est la lampe rasante. Munissez-vous d’un puissant projecteur LED de chantier ou d’une lampe spécifique ErgoLiss. Plaquez la lampe contre le mur, en éclairant parallèlement à la surface. Instantanément, tous les défauts invisibles vont projeter des ombres noires.

La technique de ponçage

Poncez avec une cale à poncer (manuelle ou girafe) munie d’un papier abrasif fin (grain 120 à 180, pas plus gros pour ne pas rayer l’enduit). Effectuez de larges mouvements circulaires. Concentrez-vous sur les bords (les « morts » de l’enduit) pour qu’ils se fondent parfaitement dans le carton de la plaque. Si la lampe rase le mur et que vous ne voyez plus aucune ligne d’ombre, votre joint est parfait.

Le ratissage complet (Finition Q4)

Malgré des joints parfaitement exécutés, la lumière rasante d’une grande baie vitrée peut encore trahir votre mur. Pourquoi ? À cause de la différence de texture et de porosité entre l’enduit (lisse) et le carton de la plaque de gypse (légèrement granuleux). Même recouverts de peinture, ces deux matériaux ne renvoient pas la lumière de la même façon.

Pour une invisibilité totale sous lumière rasante (ce qu’on appelle le niveau d’exigence Q4), la seule solution est le ratissage. Il s’agit d’appliquer un enduit de lissage extrêmement fin (moins d’un millimètre d’épaisseur) sur l’intégralité du mur (et pas seulement sur les joints) à l’aide d’une grande lame. Une fois poncé et recouvert d’une bonne sous-couche d’impression, le mur présentera une surface d’une homogénéité absolue. La lumière rasante pourra glisser dessus sans révéler le moindre secret.